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Edito du 24/02/2012

Vendredi 24 février 2012

Au fond du gouffre

Si il persistait des hommes et des femmes honnêtes, démocrates et républicains, prêts à épouser les idée de Marine Le Pen en lui donnant leur bulletin de vote, l’émission « Des paroles et des actes » d’hier soir a dû refroidir ses plus fervents admirateurs. Une douche froide pour les partisans frontistes devant tant de vacuité, tant de stupidité et tant d’arrogance stérile.

Marine, surfant sur sa place de troisième homme dans les sondages pour le premier tour, pouvait pourtant s’enorgueillir d’être la seule invitée d’une émission politique face au peuple. Elle aurait certainement préféré à posteriori se casser une jambe dans les escaliers afin d’éviter ce capharnaüm vide de sens.
Sans cesse à la recherche de sa propre dédiabolisation, la fille de son père se montre souriante, affable et calme pour définitivement faire oublier l’image du père.
En plein complexe d’Oedipe, elle ne paraît plus savoir comment si prendre pour à la fois tuer son père tout en le sauvant car il représente pour beaucoup d’électeurs frontistes l’image historique du front national. En effet comme le pensait Freud : Vouloir tuer le père peut aussi signifier vouloir sauver le père, car si je ne suis plus que le père, ou la loi, je suis le dernier des réprouvés. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet bien que la personnalité de Mme Le Pen demanderait bien bon nombre d’analyses psychanalytiques.
Elle se veut drôle et ne craint pas le trait d’humour, quitte à parodier Dalida pour singer Sarkozy…La politique du clown;
Dès que les questions de fond arrivent, on s’attend à ce que la Marine soit dans son élément. On attend de la dialectique sans trop de rhétorique, de la pédagogie, de la vérité et de la clarté. Pourtant à la première question sur l’économie,  pierre angulaire de son projet politique, la candidate du front national se perd dans des explications qui ne semblent même pas la convaincre elle-même. Elle cherche ses mots et se perd en conjectures plus proches de l’économie pour les nuls que d’une possible présidentiable.

Entourée par ses fiches, ses feuillets, ses notes et ses journaux, elle patauge et se noie peu à peu dans son fatras d’incohérence.
La sortie de l’Euro n’entraînerait selon elle, qu’une faible dépréciation de la nouvelle monnaie par rapport à la monnaie unique. Lors de la présentation de son programme elle parlait d’environ 9%, or une majeure partie des économistes table plutôt sur une dépréciation d’environ 20% qui plomberait la dette publique d »environ 220 milliards supplémentaires.
La plupart des propositions de la candidate sans signature sont quasiment impossible à mettre en place car elles se heurteraient aux négociations avec les partenaires Européens, et aux différentes règles, décrets et traités régissant la communauté des pays membres.
L’émission est pavée de petites phrases prédigérées et marquant toujours les mêmes lancinantes prédications:
« Nicolas Sarkozy cherche depuis son entrée en campagne à faire oublier son bilan, » dit Marine Le Pen, « et mon rôle c’est de dire aux Français ‘vous avez été trompés, vous avez été trahis’ ».
« Ils ont exactement la même vision, ils sont chacun pour la défense et le sauvetage de l’euro, pour les plans de renflouement », dit Mme Le Pen à propos de MM. Hollande et Sarkozy.
« J’ai levé le tabou de la violation de la laïcité, des prières de rue, de la situation de la zone euro », prétend elle.
Lorsqu’on l’a bouscule sur le fait que son père a cité l’écrivain collaborationniste Robert Brasillach samedi à Lille, elle botte en touche et se présente comme celle qui est injustement attaquée, et que la polémique est plus créée par les journalistes eux mêmes que par le discours de son papa.
Robert Brasillach qui fut fusillé à la Libération pour « intelligence avec l’ennemi ». Journaliste à Je suis partout pendant la Seconde Guerre mondiale, il y écrivit notamment ces lignes terrifiantes :
« Il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits. » Papa le Pen a bien entendu le droit d’aimer la prose de M. Brasillac mais de là à en réciter des vers à chacune des ses apparitions il y a un monde.
La prestation inégale de la candidate continue et on finit même par se demander qu’elle est son intérêt à poursuivre l’émission tant elle y paraît mal à l’aise et mal en point. Sur son projet de d’augmenter de 200€ les salaires situés entre 1400€ et 1600€ net, elle en oublie les effets de seuil. Une personne gagnant 1500 euros passerait à 1700 au second tour, elle se retrouverait donc au-dessus de celui qui en
gagne 1600…Facile à expliquer à ces derniers qu’ils ne font pas partie des bénéficiaires…
L’idée de supprimer l’aide médicale d’état pour les étrangers aussi bien en règle qu’en situation irrégulière s’avèrerait certainement catastrophique. L’AME représente aujourd’hui 450 millions d’Euros environ,
mais il s’agit surtout de préserver la santé publique. Ce n’est pas en supprimant l’AME que nous aurons plus d’argent dans les caisses, mais en régulant l’immigration, en cassant les filières clandestines et en
ayant une réelle politique migratoire censée et juste.
Le débat devient ensuite ridicule avec l’arrivée de M. Mélenchon et la transformation de Mme Le Pen en petite fille craintive se cachant derrière sa suffisance et sa malhonnêteté intellectuelle.
N’en jetons plus, la coupe est pleine…la petite lucarne passe au noir, il est quelque fois mieux de ne pas se perdre à commenter le vide et l’indescriptible bêtise.

 

 

Edito du 22/02/2012

Mercredi 22 février 2012

Le bal des pendus

Nous y sommes…la campagne bat son plein, les acteurs sont en place, prêt à jouer leur rôle, prêt à déjouer les pronostics, prêt à conjurer le mauvais sort, prêt à tout pour sortir vainqueur de la première bataille et être à la meilleure place pour gagner la guerre.
A chacun sa méthode dans cette danse macabre, les uns préfèrent la lutte des idées, certains privilégiant le dialogue avec le peuple et d’autres préférant les bons mots et les pics acérés.
Mais sortirons nous grandit de cette mascarade?
Rien n’est moins sûr. Ils dansent, gesticulent et palabrent mais que proposent ils donc qui saurait nous faire oublier leur faiblesse, leur bilan et leur passé?
Le président sortant nous ressert toutes les propositions qui étaient déjà géniales en 2007 en nous expliquant qu’il n’a pas pu tout faire en cinq ans. Pourtant il a déjà réussit à rajouter un million de chômeurs à la masse informe des laissés-pour-compte, à préserver pendant quatre années le patrimoine des plus riches et des élites via le bouclier fiscal etc. etc. Il ne se montre même honteux de se présenter à nous comme fervent défenseur du peuple et contre les élites…balivernes et mensonges, espérons simplement que le peuple n’oubliera pas ses faux semblants, ses compromissions et ses promesses désavouées. Mr sarkoreich nous vend la démocratie référendaire alors qu’il est le président qui a bafoué la parole du peuple lors du dernier référendum de 2005…mais de qui se moque t’on?
Le Hollandais volant nous sert le service trois pièces Mitterandien de pseudo gauche. Trop dépensier à l’heure où la fontaine à dette est tarie, notre père Hollande vise l’électorat classique de gauche. De jolies promesses sur les belles idées humanistes mais qui pourtant ne sont jamais réellement appliquées, de mauvaises idées électoralistes et le vivre ensemble à tout prix mais sans les moyens de ses désirs…
La cosaque verte nous propose l’écologie politique, un nouveau diktat dogmatique sans concession et sans avenir. Si l’écologie doit être au centre des considérations de l’humanité ce ne sera certainement pas
en suivant la religion de la décroissance, du popo dans la suie et des champs d’éoliennes. A vouloir une écologie qui nie l’évolution et qui préfère revenir dans le passé pour soit disant se préserver d’un avenir déjà mourant est une écologie qui restera la dernière roue du carrosse.
François le français au centre, compte les points et décline ses propositions sans passion. Il est le seul finalement à ne pas se mentir à lui même car il propose les seules choses qu’il est certain de pouvoir promettre. Rien de clinquant, rien de jouissif, rien de charismatique…et c’est certainement là que sa stature de présidentiable en prend un coup…il semble manquer d’envergure mais il est pourtant l’un des seuls qui ne ment pas.
Il faudra pourtant faire un choix, il faudra bien se positionner pour tel ou tel candidat, nous ne pouvons prétendre à désirer du changement si nous n’en sommes pas acteur. Le choix sera cornélien ou ne sera pas.
Dans le bal des pendus, seul celui qui aura la meilleure corde sortira vainqueur et son gibet présenté au peuple qui scandera son nom. Idolâtrie stupide et stérile que de voir ces milliers d’hommes et de femmes crier, lever les bras et tendre les mains au passage de leur candidat favori. Et même si la corde leur sera passée au cou après quelques mois de mandature, les stigmates de leur mort prochaine ne les effraie pas. Comme un troupeau de mouton courant vers la falaise, ils n’écoutent que la voix du prédicateur qui leur dit : « n’ai crainte du précipice, je construirai un pont à ton arrivée » et de les voir un à un s’écraser au sol…

Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes !
Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !
Les loups vont répondant des forêts violettes :
A l’horizon, le ciel est d’un rouge d’enfer…

Edito du 21/02/2012

Mardi 21 février 2012

La citoyenneté en friche

Aujourd’hui quand nous entendons parler de citoyenneté, elle est toujours resumée à la nationalité, comme si celle-ci se réduisait à la possession d’une carte d’identité.
Elle fait pourtant partie des notions séculaires qui forment le socle d’une nation. La citoyenneté devrait représenter trois grandes valeurs communes et humaines:
- La civilité, le civisme et la solidarité.
Mais que reste t’il de ces valeurs de nos jours? Le respect entre les hommes et pour l’espace public est depuis bien trop longtemps laissé comme pis-aller de la conscience nationale.
La civilité procure l’harmonie dans la société qui l’engendre, en favorisant l’égalité entre les membres de la communauté. La violence de nos sociétés actuelles, la paupérisation du peuple, l’incertitude quant à son avenir, provoquent le désagrègement des pans humanistes de nos sociétés modernes. La civilité devient logiquement le dernier des soucis des gens, bien trop occupés à douter du lendemain et à apprendre à haïr son voisin.
Les actes d’incivilité sont monnaie courante et en constante augmentation et démontrent bien le caractère cohercitif du modèle économique et sociale des pays Occidentaux. Car comme il n’est pas vrai que c’est la société qui engendre seule le désordre et la haine, on ne peut pas affirmer que les citoyens en sont seuls responsables. Rien n’est tout blanc ou tout noir, vouloir résumer la société à ses deux seules caractérisation est bien trop simpliste et même si la loi ne peut se développer à l’infini des possibles, il est nécessaire pourtant que la règle applicable à tous le soit en conscience et en justice.
Le civisme ou respecter et faire respecter les règles et les lois en vigueur et avoir conscience de ses devoirs envers la société est également mis à mal. Pour le réinstaurer en valeur commune il est certain qu’il serait primordial que chaque citoyen puisse se sentir partie prenante de la société dans laquelle il évolue afin d’avoir toujours en tête l’intérêt général et non l’intérêt particulier. Mais il apparaît trop souvent que les hommes politique eux mêmes semblent oublier ce point pourtant clé dans toute démocratie alors comment faire comprendre et accepter cela aux citoyens?
Le fait de se sentir réellement en prise à un projet commun et non des personnes disséminées sans interconnexion, développe la solidarité qui est la pierre angulaire de la citoyenneté. Celle là même qui est censée venir en aide aux plus démunis par le biais des politiques publiques par un effort équitable et juste de toute la société. Aujourd’hui une partie des hommes politiques préfèrent stygmatiser cette solidarité en parlant d’assistanat et d’autres voudraient faire croire qu’il est encore possible d’aider la terre entière.
Avoir des droits et des devoirs, voici le slogan politique d’un bon nombre de candidats. Il est admis que, bien entendu, chaque citoyen a des droits et qu’en cela il a des devoirs envers la société. Mais tout d’abord il faudrait que les citoyens exercent pleinement leur droit et que la participation active de chaque citoyen dans la société soit réelle car cela lui permet de mieux comprendre et mieux accepter les devoirs qui lui incombent.

Quand nous voyons le taux d’absention dans la majeure partie des élections locales ou nationales, nous pouvons aisément conclure que cela marque le retrait des citoyens de la vie publique. Cela s’expliquant par la trop grande séparation qui a été instauré entre le peuple et ceux qui les gouvernent. A quoi bon voter si ce n’est que pour avoir des élus qui ne les représentent pas…Réflexion simpliste mais malheureusement actuelle.
A l’heure où la violence sociale et salariale explose, où l’incivilité est grandissante, rejeter dos à dos les citoyens en leur expliquant que leur voisin profite de leur naïveté c’est mettre en péril la citoyenneté. Il ne peut exister de citoyens de première classe et ceux de classe populaire, c’est par l’unité de la nation qu’un chemin vertueux sera retrouvé. Ce n’est jamais dans la haine ou dans le rejet de l’autre qu’on forge une nation forte mais bien dans l’apprentissage, l’éducation et le respect commun.
Et comme l’écrivait Bernanos : « Ce sont les démocrates qui font les démocraties, c’est le citoyen qui fait la république. »

 

Edito du 15/02/2012

Mercredi 15 février 2012

La marche de l’Empereur

Ce qui était prévisible, devrait donc être enfin annoncé ce soir, sur une chaîne privée : Le président sortant sera le candidat de l’UMP…
La longue marche de l’Empereur prend donc fin ce soir avec l’annonce tant attendue, cela pourra lui enlever le poids du doute, lâcher ses proches dans la bataille et enfin utiliser l’argent de l’UMP et non plus celui des Français pour battre campagnes et usines afin de retrouver sa popularité perdue.
Notre président devrait donc reprendre son habit de candidat, entouré de tous ses conseillers, ses snipers et ses lèche bottes…un vrai microcosme politique où celui qui se retrouve au plus près du chef de meute pourra prétendre à une place dans le futur gouvernement si tant est qu’il soit le président désigné et que l’UMP gagne les prochaines législatives.

Tant de si qu’on peut se demander notre intérêt à voir ses personnes, plus intéressées par leur sort possible dans le cas hypothétique du conditionnel que par notre devenir, prendre les rennes du pouvoir.
Une campagne qui sera marquée par le sceau de l’extrème droite avec l’avènement au premier plan des idées de M. Buisson, idéologue proclamé du candidat Sarkozy. Les huit cavaliers de l’apocalypse choisis
pour faire retrouver au roi son trône seront donc: Guillaume Peltier, Franck Louvrier, Jean Michel Goudard, Henri Guaino, Patrick Buisson, Nathalie Kosciusko-Morizet, Guillaume Lambert et Emmanuelle Mignon. L’Etat-major de la campagne, les cavaliers et leur monture : le parti et sa force de frappe.
Leur but sera à la fois de trouver le bon positionnement du président sortant sur les sujets qui intéressent les Français et bien entendu de descendre en flamme toutes les propositions du parti socialiste.
Le positionnement à la droite de la droite est d’ores et déjà certain après l’interview du chef de l’Etat dans le Figaro Magazine, les idées de M. Buisson étant elles aussi prédisposées à être radicales et la
présence d’un ancien du FN en la personne de Guillaume Peltier suffiront au président candidat pour se légitimiser au près des électeurs tentés par le front national. L’UMP se radicalise et emprunte le chemin des idées séculaires de la droite dure.
M. Buisson doit bien rire de ce parti, incapable depuis 2005 de prendre une décision concernant Christian Vanneste et ses propos homophobes, certainement très proches de certaines de ses idées. Tout en le montrant du doigt mais en le gardant au sein du parti c’est un message fort envoyé à certains électeurs de Christine Boutin et à la frange catholique intégriste mais aussi aux électeurs tentés par le vote frontiste trouvant dans ses propos un certain réconfort. Remettant l’homme comme dominant et l’hétérosexualité comme norme sociale, Nicolas Sarkozy compte bien ainsi faire oublier ses possibles tentations passées à légaliser le mariage homosexuel et autres soubresauts humanistes. Le relativisme à la sauce socialiste, très peu pour moi, doit il se dire maintenant.
En effet pour M. Vanneste, l’homosexualité est une doctrine: «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», dit il «Vous en avez beaucoup dans le domaine de la culture, vous en avez beaucoup dans le domaine des médias. C’est-à-dire dans tous les domaines de la communication.» Ce qui expliquerait, selon lui, «un renversement de la proportion du poids de l’homosexualité dans notre société» et «un art consommé de la déformation systématique des faits». La comparaison peut facilement être faite avec les idées antisémites sur la main mise Juive du pouvoir bancaire.
Mais il ne s’arrête pas là, puisqu’il parle de légende quant à la déportation des homosexuels durant la seconde guerre mondiale…révisionniste M. Vanneste?
«Manifestement, Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à à peu près 30.000 déportés, et il n’y en a pas eu ailleurs. Et notamment en dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France. On peut même dire si on veut être méchant – et Monsieur Buisson [l'idéologue du candidat] l’a été lorsqu’il a parlé de la sexualité sous l’Occupation: Lorsqu’un certain nombre d’intellectuels français vont présenter leurs hommages à M.Goebbels, il y en a quand-même la moitié qui sont homosexuels»
A croire que ces deux là ont pris des cours d’histoire dans la même université. Car même si aujourd’hui, M. Vanneste soutenu par M. Klarsfeld, se défend d’avoir nié l’existence d’une déportation des homosexuels, il voulait seulement affirmer que cette déportation n’a jamais existé en France sous le régime de Vichy. Même si cela est convenu, le régime de Vichy, collaborationniste total, par son silence et par sa promptitude à mettre en oeuvre les ordres du régime nazi, s’est rendu coupable des mêmes horreurs.

Cette campagne s’annonce donc violente, les idéologies et les valeurs de gauche contre celles de droite. Reste simplement à savoir si tous ces grands hommes d’Etat ont encore de réelles valeurs, de vrais fondamentaux ou si ils varient selon les gré de leur humeur et de leur tentation électoraliste.

Edito du 11/02/2012

Samedi 11 février 2012

Le chemin de la religiosité

Faut il considérer aujourd’hui l’Islam comme un ennemi de la République, de toute les républiques aussi bien Occidentales qu’orientales?
C’est en substance ce que tend à nous laisser penser les dernières prises de position de certains élus UMP, et même le virage droitier de Nicolas Sarkozy démontre que ce sujet sera une des préoccupations importantes du président sortant.
Alors pour quelles raison ce sujet revient il au devant de la scène? Pour quelles raisons la stigmatisation en priorité des musulmans peut apparaître comme une offensive remarquée par l’électorat Français?

Les événements du printemps Arabe avec l’arrivée des Islamistes « modérés » ou non au pouvoir ont suscité une défiance des pays occidentaux et surtout des peuples Européens, craignant une hémorragie et une homogénéisation des idées religieuses avec en spectre les idées préconçues sur la charia et sur les valeurs à priori éloignées de celles des civilisations Européennes.
L’islamisation des pays nouvellement libérés vient également du fait que durant les années où les régimes dictatoriaux étaient en place, seuls les islamistes modérés et extrémistes étaient présents pour aider et soutenir le peuple dans sa désespérance et sa pauvreté. Il est bien connu que c’est dans le dénuement que le peuple est toujours plus sensible aux appels du sacré et qu’il est enclin à être plus modelable religieusement.
Les religions étant transmises aux croyants par le biais des Imams, prêtres ou rabbin, ce sont ces voix qui doivent être irréprochables et non la religion elle même. Il est clair que la présence de représentants de la foi véhiculant des idées néfastes à la démocratie et des préceptes louant l’iniquité doit être contrôlé afin d’éviter la dispersion de ces idées au sein de nos communautés de croyants.

Est il déjà trop tard pour manifester cet intérêt, peut être, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Edito du 10/02/2012

Vendredi 10 février 2012

Nicolas Sarkozy, ses valeurs für Frankreich.

Place au nouveau candidat Sarkozy, enterré celui de 2007, celui qui était favorable à l’union civile pour les couples homosexuels, plutôt enclin à donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales.
Il était à l’époque l’ardent défenseur de l’immigration choisie et de la discrimination positive, aujourd’hui, cinq années plus tard, le virage droitier est en marche. Son conseiller, Patrick Buisson ,ancien patron du journal Minute, lui fait prendre les thèmes du front national à bras le corps afin de se positionner comme le seul à vouloir et pouvoir protéger la civilisation Française. N’oublions pas en cela que ce fameux journal Minute reste l’emblême du conservatisme à la française et se positionne clairement à l’extrème droite, et même si M. Buisson ne l’a dirigé que deux années en 1986 et 87 après y avoir été journaliste
à partir de 1981, son passé d’ancien membre de l’action Française, son activisme pro OAS, et son affection pour le front National et pour M. Le pen suffisent à faire comprendre les raisons de ce virage droitier de son poulin.
Rajoutant à cela, une recherche électoraliste pour draîner les électeurs tentés par le front national, il devient limpide qu’il est plus porteur pour Nicolas Sarkozy de la jouer conservateur et rétrograde à la fois pour conserver son électorat et pour en gagner sur les pans frontistes.
Tant de changements sur ces fondamentaux font sourire, l’adage qui dit qu’il n’y aurait que les imbéciles qui ne changeraientt pas d’avis est ici à ce point utilisé que M. Sarkozy pourrait passer pour un génie.
Génial serait en effet de proposer au référendum des questions sociétales, car comme l’exprimait le membre d’UMP Pierre Méhaignerie : «Répondre par oui ou par non à des problèmes de société, cela me paraît très délicat. Attention à ne pas opposer les gens.»
Le candidat Sarkozy pourra compter sur la chancelière Allemande pour le soutenir et acter du fait que c’est son prédécesseur socialiste, gerhard schroeder, qui a mis en place la politique de l’emploi en Allemagne, celle là même que voudrait transposer M. Sarkozy en France. Une politique stigmatisant les chômeurs comme des assistés et préférant la précarité et les bas salaires à une réelle relance de l’emploi.
Il est simple mais dangereux de mettre dos à dos la France qui se lève tôt à celle qui préférerait rester coucher, et profiter des aides publiques. La proportion de profiteurs serait elle à ce point énorme qu’il faille les pourchasser et les obliger à prendre n’importe quel emploi à n’importe quel salaire. Il est certain que des choses doivent être faite sur ce sujet mais là le grand écart semble trop grand.

En 2007, le candidat d’engageait sur le plein emploi, avec pour objectif 5% de chomeur à la fin de son quinquennat, aujourd’hui nous en sommes très loin. La crise ayant bon dos, il ne dira certainement pas que c’est un échec personnel mais que le contexte a finalement rendu impossible cet objectif ambitieux. Le fait de culpabiliser le chômeur relèverait du fait que celui-ci profite de l’Etat se de ses largesses, or notre système vieux de plus de cinquante ans n’est pas celui-ci. L’UNEDIC en effet est une assurance, l’assurance que les salariés, par leur seul cotisation, puissent être indemnisés lorsqu’ils perdent leur emploi, l’Etat étant simplement le relais de la solidarité nationale. Les salariés en quelque sorte auto financent leur propre période de chômage et il ne faut pas l’oublier et utiliser de fausses idées afin de faire croire aux gens que ce serait l’argent de l’Etat donc le leur qui servirait à cela.

De plus, cette idée ne différencie en aucune façon les chômeurs et les met dans un même sac. Employés licenciés par leur entreprise dans le cadre d’un plan social, seniors mis à la porte avant le droit à la retraite, salariés passant de CDD en CDD et ceux qui profitent réellement du système mais qui représentent un très faible pourcentage face à la masse des chômeurs actuels.
Il faudra savoir rester attentif à ses projets de réforme afin de bien comprendre leurs buts, leurs forces et leurs faiblesses. L’élection en dépend.

 

 

Edito du 09/02/2012

Jeudi 9 février 2012

Ce soir ou jamais, émission dont la liberté n’est pas à mettre en doute, par l’invitation de l’écrivain Richard Millet, jette un pavé dans la mare du bien pensant et des non dits.
« Je suis un Français de souche, quelle horreur, catholique, quelle horreur, hétérosexuel, quelle horreur, j’ai tout contre moi…je suis hanté par la question de l’identité, non seulement de mon identité, mais de l’identité nationale, quelle horreur. »
Faut il, de facto, éteindre la télévision, pour faire disparaître de la lucarne, ce possible réactionnaire aux questionnements passéistes et nauséabonds, à l’heure du multiculturalisme devenu règle et dogme?
Faut il interdire d’antenne cet écrivain habitué au politiquement incorrect?
« Simplement j’ai une douleur, je ne me reconnais plus, je ne supporte pas les mosquées en France… »
A t’il le droit de se poser ces questions ouvertement et publiquement? Il est pourtant certain qu’une part importante de la population Française se pose ces mêmes questions, et n’a finalement aucune réponse claire et simple à ce profond malaise identitaire. Ne pas y répondre, c’est finalement laisser grande ouverte la porte au populisme frontiste, seul à prendre idéologiquement par la main ces égarés.

Ne faudrait il pas au contraire discuter réellement de ces questions et ne pas partir du fait qu’il s’agit de problèmes en soit, que le simple fait d’oser y songer relèverait de l’horreur fasciste ou nazi. Or aujourd’hui le peuple n’attend pas le politique pour se trouver des réponses seul, pour trouver des boucs émissaires à ses problèmes; A l’heure du libéralisme, de la mondialisation et de la globalisation, il devient si facile de montrer du doigt le voisin qui serait seul responsable de sa misérable existence.
Laisser en friche ce possible débat c’est mettre en danger la nation car rien n’est pire qu’un  peuple laissé sans réponse et sans réelle possibilité de s’exprimer. Le simple fait de dire comme M. Millet qu’on ne se reconnaît plus dans la société Française, qu’on a le sentiment profond de voir son identité se dissoudre dans la masse est pris par les biens pensant et par les fervents défenseurs du multiculturalisme  pour un repli identitaire raciste et le rejet de l’autre. Or si le multiculturalisme c’est le simple fait de reconnaître la coexistence de différentes cultures (ethniques, religieuses etc..) au sein d’un même pays,  il n’est pas une obligation que cette dernière soit nécessairement pacifiste et non coercitive.

Reconnaître un état de fait n’est pas en accepter toutes les contraintes et tous les problèmes possibles inhérents à cet état de coexistence. Se parer d’un optimisme béat dans les relations humaines c’est faire fi du passé et de la nécessaire histoire qu’il nous enseigne.

Ne laissons donc pas les seuls extrêmes répondre à des questions qui sont, au demeurant, profondément enracinées dans l’esprit des gens.

Edito du 08/02/2012 (un peu en avance , dédicace à jn)

Mardi 7 février 2012

Peut on être riche quand on est de gauche?
Vaut il mieux être riche ou pauvre pour pouvoir prendre le pouvoir à gauche?
Plus simplement est ce que la parabole du mauvais riche et du pauvre lazare prend corps aujourd’hui au sein de la politique Française, à savoir qu’il devient impossible, voir rédhibitoire pour un homme politique de Gauche d’être riche?
La richesse deviendrait donc un fardeau pour l’homme qui voudrait rendre dans l’action politique ou publique les choses gagnées dans sa vie personnelle. Ne faudrait il pas plutôt parler d’égoïsme comme qualificatif? Un homme quelque soit sa position sociale ne devrait pas pouvoir se dire ou être de gauche tout en étant lui même d’un égoïsme farouche. Mais celui ci ne pourrait être de droite non plus car un homme politique doit avoir le bien commun comme seule prérogative. Etaler sa richesse, faire valoir ses relations, nier l’empathie, sont des propensions que nous voyons malheureusement souvent chez nos hommes politiques, pourtant entourés par des cohortes de communicants et des armées de stratèges plus intelligents les uns que les autres…
Alors comment expliquer de voir M. Sarkozy dans un yacht, trinquant à sa victoire dans des verres en cristal de baccarat? Comment expliquer que M. Hollande accompagné du donneur de leçon et vertueux BHL déjeunent sereinement dans l’un des plus cher restaurant parisien (140 euros l’entrée)? Ce n’est pas les faits en eux mêmes qui choquent, c’est l’indécence de ces gens là qui frise le drame humain.
Ces mêmes personnes qui viendront vous dire qu’il n’aime pas les riches, qu’il faut combattre le système financier qui corrompt l’âme humaine, qu’il faut travailler plus pour gagner plus, qu’il faut aimer son prochain, qu’il ne faut plus boire de vin ou de soda et qu’il faut crier Vive le Roi quand ils passent sous nos fenêtres…
L’idée et l’idée de l’idée dirons nous. L’argent roi a de beau jour devant lui, que le futur président soit de gauche ou de droite.
Parler du pauvre peuple qui se meure à la fois d’inquiétude et de désespérance, en trempant ses mouillettes dans du caviar manque cruellement de sens.

Qu’ils soient riches, peut importe! qu’ils soient entourés par des amis riches, peut importe! Mais qu’ils soient tous, les uns et les autres, à la fois assez stupides pour nous donner cela en spectacle et assez indécents pour ne pas considérer que cela est important, devient insupportable et ridicule.
Alors oui la richesse personnelle importe peu dans l’action politique, les mécanismes de redistribution, la justice sociale, la compétitivité pouvant être mis en place, réformés par un homme riche, de gauche ou de droite.

C’est son intention première qui compte, s’occuper de la nation quoi qu’il en coûte ou s’occuper de son « enrichissement » personnel quoi qu’il en coûte à la nation (de relation, réseau, pouvoir et pas seulement financier).
La notion de richesse, me direz vous, est toute relative. Je peux subvenir à mes besoins jusqu’à la fin de la semaine, je suis en cela plus riche que celui qui ne sait pas si il mangera ce soir.
Comme l’écrivit l’apôtre Paul : « Ceux qui veulent s’enrichir, tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition ».

Je ne sais pas si ce sont les tentations qui ont fait tomber nos nations dans la ruine, ou simplement la tentation de quelques uns pour le mal de tous.

 

Edito du 07/02/2012

Mardi 7 février 2012

L’Europe, et la France en tête, veut suivre le modèle vertueux Allemand, basé sur la rigueur, la désinflation et la compression des coûts de production.
Toutes ces mesures ont été mis en place afin de favoriser l’exportation des produits Allemands; la désinflation permettant de brider les importations, la rigueur budgétaire permettant de garder une dette souveraine stable et la compétitivité à tout crin, notamment sur le coût du travail, favorisant un prix HT des produits Allemands toujours plus dans le marché.
Mais toutes ces vertus ont un prix, la population Allemande s’appauvrit. En effet, l’évolution des salaires en Allemagne est quasi nulle et la consommation moyenne du citoyen Allemand fait partie des plus basses Européennes.
Le fait de consommer peu entraîne nécessairement la baisse ou la stagnation des importations. La bonne santé teutonique passe nécessairement par la consommation des Etats Européens, une grande partie de
leurs exportations étant faite au sein de l’Europe.
Alors suivre ce modèle serait l’unique méthode pour sortir de la crise, sortir du marasme économique? Nous devrions donc forcer notre consommation à baisser en appauvrissant la population, plomber l’évolution salariale et être rigoureux sur nos finances. Considérant que la majeure partie des exportations Allemandes sont faites dans les pays de la communauté Européenne et si ceux ci ne désirent plus consommer…qui achètera ces produits? Vers qui exporter si le pouvoir d’achat baisse à travers l’Europe et que les importations de chaque pays diminuent ? Le fait de calquer tous les modèles nationaux à celui de l’Allemagne signerait certainement la fin de la communauté Européenne et de l’Euro, ainsi qu’un appauvrissement généralisé des citoyens du vieux continent.

Le modèle social Allemand est bancal avec un nombre de travailleurs pauvres très important, une politique familiale inexistante et une couverture sociale totalement inégale. Un coup d’arrêt sur son exportation engendrerait très rapidement une catastrophe nationale et certainement Européenne.
Le président Sarkozy, toujours prompt à dire qu’il faut s’inspirer des choses qui marchent dans le monde, devrait regarder le modèle Allemand dans son ensemble et non pas seulement les « bons » chiffres de certains secteurs. Il fait très facile de faire dire ce que l’on veut des chiffres surtout si on les prend un par un sans en dégager une vision globale.
Si appauvrir encore un peu plus la population serait la solution à tous nos maux, si la compétitivité industrielle passait exclusivement par la compression salariale et non par la productivité du travail, il suffirait alors de faire travailler les gens 60h par semaine et les payer au smic afin de sortir de l’ornière dans laquelle nous sommes. Or il est bien connu que ce n’est pas le temps de travail qui prévaut mais sa qualité et la capacité productive de ce temps consacré.
Sachons faire un modèle Français libre et unique et non une pâle copie qui ne ferait que nous enfermer dans un modèle dont on connaît déjà parfaitement les limites.

Edito du 05/02/2012

Dimanche 5 février 2012

« Toutes les civilisations ne se valent pas… » petite phrase du guéantgantuesque claude, polémique ou simple logique?
Voulait il par là hiérarchiser les civilisations entre elles, ou simplement mettre en avant que certaines civilisations ne s’engagent pas encore assez sur le chemin vertueux du progrès? Il faut bien entendu toujours mettre en exergue que toutes les civilisations doivent être considérées comme égales mais il est important de pouvoir parler des nécessaires améliorations que chacune d’entre elles devrait rechercher.
En cela, toutes les civilisations ne se valent pas, nous pouvons bien évidemment conserver leur égalité car nous parlons ici de civilisations humaines étant donc déjà semblables par nature car regroupant des entitées d’une même espèce et donc il faut nécessairement les considérer comme égales afin de les traiter de la même manière, avec la même dignité. Mais ces civilisations traitent elles l’humain de manière égale? Ont elles la même représentation de l’égalité morale, du respect et de la dignité de la personne humaine? La réponse est clairement non.

La dignité de la personne humaine est le principe selon lequel une personne ne doit jamais être traitée comme un objet ou comme un moyen, mais comme une entité intrinsèque. Elle mérite un respect inconditionnel, indépendamment de son âge, de son sexe, de son état de santé physique ou mentale, de sa condition sociale, de sa religion ou de son origine ethnique. Les êtres humains possèdent une dignité inhérente et ils naissent libres et égaux en droits et en dignité selon la déclaration universelle des droits de l’homme, or bon nombre de civilisations n’ont pas la même vision et la même interprétation de l’égalité morale. C’est en cela qu’il n’est pas idiot ou raciste de dire que toutes les civilisations ne se valent pas et qu’il faut toujours lutter pour que l’égalité morale soit au coeur du progrès civilisationniste.
Il est toujours plus facile de crier au racisme en conditionnement pavlovien que de réfléchir et débattre sereinement des propos des uns et des autres. Harlem Désir réagit à cette courte phrase de Claude Guéant par ses termes : « la provocation pitoyable d’un ministre réduit à rabatteur de voix FN. Une majorité en perdition électorale et morale », Cécile Duflot, la cosaque verte quant à elle dit « Retour en arrière de 3 siècles. Abject »… L’hystérie du parti socialiste est assez drôle et leurs répliques manque de sens et ne propose surtout aucune réflexion.
Alors il faudrait donc ne pas critiquer les civilisations qui ne respectent pas la liberté de conscience, d’expression et l’égalité hommes/femmes et les mettre au même niveau que les civilisations humanistes.

A trop vouloir relativiser et considérer que tout s’équivaut, on finit par perdre de vue l’intérêt des peuples, et le combat nécessaire contre la barbarie des hommes.

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