Edito du 22/02/2012

Le bal des pendus

Nous y sommes…la campagne bat son plein, les acteurs sont en place, prêt à jouer leur rôle, prêt à déjouer les pronostics, prêt à conjurer le mauvais sort, prêt à tout pour sortir vainqueur de la première bataille et être à la meilleure place pour gagner la guerre.
A chacun sa méthode dans cette danse macabre, les uns préfèrent la lutte des idées, certains privilégiant le dialogue avec le peuple et d’autres préférant les bons mots et les pics acérés.
Mais sortirons nous grandit de cette mascarade?
Rien n’est moins sûr. Ils dansent, gesticulent et palabrent mais que proposent ils donc qui saurait nous faire oublier leur faiblesse, leur bilan et leur passé?
Le président sortant nous ressert toutes les propositions qui étaient déjà géniales en 2007 en nous expliquant qu’il n’a pas pu tout faire en cinq ans. Pourtant il a déjà réussit à rajouter un million de chômeurs à la masse informe des laissés-pour-compte, à préserver pendant quatre années le patrimoine des plus riches et des élites via le bouclier fiscal etc. etc. Il ne se montre même honteux de se présenter à nous comme fervent défenseur du peuple et contre les élites…balivernes et mensonges, espérons simplement que le peuple n’oubliera pas ses faux semblants, ses compromissions et ses promesses désavouées. Mr sarkoreich nous vend la démocratie référendaire alors qu’il est le président qui a bafoué la parole du peuple lors du dernier référendum de 2005…mais de qui se moque t’on?
Le Hollandais volant nous sert le service trois pièces Mitterandien de pseudo gauche. Trop dépensier à l’heure où la fontaine à dette est tarie, notre père Hollande vise l’électorat classique de gauche. De jolies promesses sur les belles idées humanistes mais qui pourtant ne sont jamais réellement appliquées, de mauvaises idées électoralistes et le vivre ensemble à tout prix mais sans les moyens de ses désirs…
La cosaque verte nous propose l’écologie politique, un nouveau diktat dogmatique sans concession et sans avenir. Si l’écologie doit être au centre des considérations de l’humanité ce ne sera certainement pas
en suivant la religion de la décroissance, du popo dans la suie et des champs d’éoliennes. A vouloir une écologie qui nie l’évolution et qui préfère revenir dans le passé pour soit disant se préserver d’un avenir déjà mourant est une écologie qui restera la dernière roue du carrosse.
François le français au centre, compte les points et décline ses propositions sans passion. Il est le seul finalement à ne pas se mentir à lui même car il propose les seules choses qu’il est certain de pouvoir promettre. Rien de clinquant, rien de jouissif, rien de charismatique…et c’est certainement là que sa stature de présidentiable en prend un coup…il semble manquer d’envergure mais il est pourtant l’un des seuls qui ne ment pas.
Il faudra pourtant faire un choix, il faudra bien se positionner pour tel ou tel candidat, nous ne pouvons prétendre à désirer du changement si nous n’en sommes pas acteur. Le choix sera cornélien ou ne sera pas.
Dans le bal des pendus, seul celui qui aura la meilleure corde sortira vainqueur et son gibet présenté au peuple qui scandera son nom. Idolâtrie stupide et stérile que de voir ces milliers d’hommes et de femmes crier, lever les bras et tendre les mains au passage de leur candidat favori. Et même si la corde leur sera passée au cou après quelques mois de mandature, les stigmates de leur mort prochaine ne les effraie pas. Comme un troupeau de mouton courant vers la falaise, ils n’écoutent que la voix du prédicateur qui leur dit : « n’ai crainte du précipice, je construirai un pont à ton arrivée » et de les voir un à un s’écraser au sol…

Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes !
Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !
Les loups vont répondant des forêts violettes :
A l’horizon, le ciel est d’un rouge d’enfer…

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