Edito du 15/02/2012

La marche de l’Empereur

Ce qui était prévisible, devrait donc être enfin annoncé ce soir, sur une chaîne privée : Le président sortant sera le candidat de l’UMP…
La longue marche de l’Empereur prend donc fin ce soir avec l’annonce tant attendue, cela pourra lui enlever le poids du doute, lâcher ses proches dans la bataille et enfin utiliser l’argent de l’UMP et non plus celui des Français pour battre campagnes et usines afin de retrouver sa popularité perdue.
Notre président devrait donc reprendre son habit de candidat, entouré de tous ses conseillers, ses snipers et ses lèche bottes…un vrai microcosme politique où celui qui se retrouve au plus près du chef de meute pourra prétendre à une place dans le futur gouvernement si tant est qu’il soit le président désigné et que l’UMP gagne les prochaines législatives.

Tant de si qu’on peut se demander notre intérêt à voir ses personnes, plus intéressées par leur sort possible dans le cas hypothétique du conditionnel que par notre devenir, prendre les rennes du pouvoir.
Une campagne qui sera marquée par le sceau de l’extrème droite avec l’avènement au premier plan des idées de M. Buisson, idéologue proclamé du candidat Sarkozy. Les huit cavaliers de l’apocalypse choisis
pour faire retrouver au roi son trône seront donc: Guillaume Peltier, Franck Louvrier, Jean Michel Goudard, Henri Guaino, Patrick Buisson, Nathalie Kosciusko-Morizet, Guillaume Lambert et Emmanuelle Mignon. L’Etat-major de la campagne, les cavaliers et leur monture : le parti et sa force de frappe.
Leur but sera à la fois de trouver le bon positionnement du président sortant sur les sujets qui intéressent les Français et bien entendu de descendre en flamme toutes les propositions du parti socialiste.
Le positionnement à la droite de la droite est d’ores et déjà certain après l’interview du chef de l’Etat dans le Figaro Magazine, les idées de M. Buisson étant elles aussi prédisposées à être radicales et la
présence d’un ancien du FN en la personne de Guillaume Peltier suffiront au président candidat pour se légitimiser au près des électeurs tentés par le front national. L’UMP se radicalise et emprunte le chemin des idées séculaires de la droite dure.
M. Buisson doit bien rire de ce parti, incapable depuis 2005 de prendre une décision concernant Christian Vanneste et ses propos homophobes, certainement très proches de certaines de ses idées. Tout en le montrant du doigt mais en le gardant au sein du parti c’est un message fort envoyé à certains électeurs de Christine Boutin et à la frange catholique intégriste mais aussi aux électeurs tentés par le vote frontiste trouvant dans ses propos un certain réconfort. Remettant l’homme comme dominant et l’hétérosexualité comme norme sociale, Nicolas Sarkozy compte bien ainsi faire oublier ses possibles tentations passées à légaliser le mariage homosexuel et autres soubresauts humanistes. Le relativisme à la sauce socialiste, très peu pour moi, doit il se dire maintenant.
En effet pour M. Vanneste, l’homosexualité est une doctrine: «Qu’est-ce qu’un homosexuel? C’est quelqu’un qui refuse l’autre», dit il «Vous en avez beaucoup dans le domaine de la culture, vous en avez beaucoup dans le domaine des médias. C’est-à-dire dans tous les domaines de la communication.» Ce qui expliquerait, selon lui, «un renversement de la proportion du poids de l’homosexualité dans notre société» et «un art consommé de la déformation systématique des faits». La comparaison peut facilement être faite avec les idées antisémites sur la main mise Juive du pouvoir bancaire.
Mais il ne s’arrête pas là, puisqu’il parle de légende quant à la déportation des homosexuels durant la seconde guerre mondiale…révisionniste M. Vanneste?
«Manifestement, Himmler avait un compte personnel à régler avec les homosexuels. En Allemagne, il y a eu une répression des homosexuels et la déportation qui a conduit à à peu près 30.000 déportés, et il n’y en a pas eu ailleurs. Et notamment en dehors des trois départements annexés, il n’y a pas eu de déportation homosexuelle en France. On peut même dire si on veut être méchant – et Monsieur Buisson [l'idéologue du candidat] l’a été lorsqu’il a parlé de la sexualité sous l’Occupation: Lorsqu’un certain nombre d’intellectuels français vont présenter leurs hommages à M.Goebbels, il y en a quand-même la moitié qui sont homosexuels»
A croire que ces deux là ont pris des cours d’histoire dans la même université. Car même si aujourd’hui, M. Vanneste soutenu par M. Klarsfeld, se défend d’avoir nié l’existence d’une déportation des homosexuels, il voulait seulement affirmer que cette déportation n’a jamais existé en France sous le régime de Vichy. Même si cela est convenu, le régime de Vichy, collaborationniste total, par son silence et par sa promptitude à mettre en oeuvre les ordres du régime nazi, s’est rendu coupable des mêmes horreurs.

Cette campagne s’annonce donc violente, les idéologies et les valeurs de gauche contre celles de droite. Reste simplement à savoir si tous ces grands hommes d’Etat ont encore de réelles valeurs, de vrais fondamentaux ou si ils varient selon les gré de leur humeur et de leur tentation électoraliste.

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