Edito du 09/02/2012

Ce soir ou jamais, émission dont la liberté n’est pas à mettre en doute, par l’invitation de l’écrivain Richard Millet, jette un pavé dans la mare du bien pensant et des non dits.
« Je suis un Français de souche, quelle horreur, catholique, quelle horreur, hétérosexuel, quelle horreur, j’ai tout contre moi…je suis hanté par la question de l’identité, non seulement de mon identité, mais de l’identité nationale, quelle horreur. »
Faut il, de facto, éteindre la télévision, pour faire disparaître de la lucarne, ce possible réactionnaire aux questionnements passéistes et nauséabonds, à l’heure du multiculturalisme devenu règle et dogme?
Faut il interdire d’antenne cet écrivain habitué au politiquement incorrect?
« Simplement j’ai une douleur, je ne me reconnais plus, je ne supporte pas les mosquées en France… »
A t’il le droit de se poser ces questions ouvertement et publiquement? Il est pourtant certain qu’une part importante de la population Française se pose ces mêmes questions, et n’a finalement aucune réponse claire et simple à ce profond malaise identitaire. Ne pas y répondre, c’est finalement laisser grande ouverte la porte au populisme frontiste, seul à prendre idéologiquement par la main ces égarés.

Ne faudrait il pas au contraire discuter réellement de ces questions et ne pas partir du fait qu’il s’agit de problèmes en soit, que le simple fait d’oser y songer relèverait de l’horreur fasciste ou nazi. Or aujourd’hui le peuple n’attend pas le politique pour se trouver des réponses seul, pour trouver des boucs émissaires à ses problèmes; A l’heure du libéralisme, de la mondialisation et de la globalisation, il devient si facile de montrer du doigt le voisin qui serait seul responsable de sa misérable existence.
Laisser en friche ce possible débat c’est mettre en danger la nation car rien n’est pire qu’un  peuple laissé sans réponse et sans réelle possibilité de s’exprimer. Le simple fait de dire comme M. Millet qu’on ne se reconnaît plus dans la société Française, qu’on a le sentiment profond de voir son identité se dissoudre dans la masse est pris par les biens pensant et par les fervents défenseurs du multiculturalisme  pour un repli identitaire raciste et le rejet de l’autre. Or si le multiculturalisme c’est le simple fait de reconnaître la coexistence de différentes cultures (ethniques, religieuses etc..) au sein d’un même pays,  il n’est pas une obligation que cette dernière soit nécessairement pacifiste et non coercitive.

Reconnaître un état de fait n’est pas en accepter toutes les contraintes et tous les problèmes possibles inhérents à cet état de coexistence. Se parer d’un optimisme béat dans les relations humaines c’est faire fi du passé et de la nécessaire histoire qu’il nous enseigne.

Ne laissons donc pas les seuls extrêmes répondre à des questions qui sont, au demeurant, profondément enracinées dans l’esprit des gens.

Laisser un commentaire