Edito du 07/02/2012

L’Europe, et la France en tête, veut suivre le modèle vertueux Allemand, basé sur la rigueur, la désinflation et la compression des coûts de production.
Toutes ces mesures ont été mis en place afin de favoriser l’exportation des produits Allemands; la désinflation permettant de brider les importations, la rigueur budgétaire permettant de garder une dette souveraine stable et la compétitivité à tout crin, notamment sur le coût du travail, favorisant un prix HT des produits Allemands toujours plus dans le marché.
Mais toutes ces vertus ont un prix, la population Allemande s’appauvrit. En effet, l’évolution des salaires en Allemagne est quasi nulle et la consommation moyenne du citoyen Allemand fait partie des plus basses Européennes.
Le fait de consommer peu entraîne nécessairement la baisse ou la stagnation des importations. La bonne santé teutonique passe nécessairement par la consommation des Etats Européens, une grande partie de
leurs exportations étant faite au sein de l’Europe.
Alors suivre ce modèle serait l’unique méthode pour sortir de la crise, sortir du marasme économique? Nous devrions donc forcer notre consommation à baisser en appauvrissant la population, plomber l’évolution salariale et être rigoureux sur nos finances. Considérant que la majeure partie des exportations Allemandes sont faites dans les pays de la communauté Européenne et si ceux ci ne désirent plus consommer…qui achètera ces produits? Vers qui exporter si le pouvoir d’achat baisse à travers l’Europe et que les importations de chaque pays diminuent ? Le fait de calquer tous les modèles nationaux à celui de l’Allemagne signerait certainement la fin de la communauté Européenne et de l’Euro, ainsi qu’un appauvrissement généralisé des citoyens du vieux continent.

Le modèle social Allemand est bancal avec un nombre de travailleurs pauvres très important, une politique familiale inexistante et une couverture sociale totalement inégale. Un coup d’arrêt sur son exportation engendrerait très rapidement une catastrophe nationale et certainement Européenne.
Le président Sarkozy, toujours prompt à dire qu’il faut s’inspirer des choses qui marchent dans le monde, devrait regarder le modèle Allemand dans son ensemble et non pas seulement les « bons » chiffres de certains secteurs. Il fait très facile de faire dire ce que l’on veut des chiffres surtout si on les prend un par un sans en dégager une vision globale.
Si appauvrir encore un peu plus la population serait la solution à tous nos maux, si la compétitivité industrielle passait exclusivement par la compression salariale et non par la productivité du travail, il suffirait alors de faire travailler les gens 60h par semaine et les payer au smic afin de sortir de l’ornière dans laquelle nous sommes. Or il est bien connu que ce n’est pas le temps de travail qui prévaut mais sa qualité et la capacité productive de ce temps consacré.
Sachons faire un modèle Français libre et unique et non une pâle copie qui ne ferait que nous enfermer dans un modèle dont on connaît déjà parfaitement les limites.

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