Edito du 30/01/2012

Un Sarko peut en cacher un autre, attention à la remise à niveau…la riposte du chef de l’Etat, orchestrée pour reprendre la main au candidat Hollande et ainsi occuper le terrain a été lancé hier soir.
Il ne pouvait laisser le Hollandais volant accaparer seul la scène médiatique, il se devait de répliquer en se montrant en président toujours à la manoeuvre pour protéger les Français et la France.
Pour se faire, rien ne vaut de nouvelles réformes censées relancer l’économie, favoriser l’emploi et recréer une dynamique de croissance…Après presque cinq années de mandat, nous pouvons légitimement
nous demander pourquoi maintenant? Le chômage ne cesse de progresser depuis sa prise de pouvoir en 2007, ces réformes, si elles sont à tel point salvatrices auraient peut être pû être mise en chantier  auparavant.
Dans les pas de Peggy la teutonne, il donne aux électeurs et aux Français une image difficile à décrypter. Il sera candidat, nous en sommes presque certain mais son intervention manquait de pugnacité, ses propositions peuvent être considérées comme un programme du candidat car la date de mise en oeuvre effective sera après l’élection présidentielle. Alors à quoi bon ne pas se déclarer candidat dès maintenant? Que lui restera t’il à nous présenter lorsqu’il rentrera réellement en campagne si certaines grandes lignes sont déjà tracées aujourd’hui?
Quelles sont alors ces grandes lignes, pour certains un courage politique, pour d’autres un écran de fumée?
La TVA emploi ou sociale va être mise en place, pas avant Octobre, avec une hausse de 1.6 points. Cette hausse servira à financer la protection sociale qui ne pèsera plus exclusivement sur le travail. La baisse du coût du travail étant censée relancer la création d’emploi. Mesure controversée, certains estimant notamment que cette hausse pourrait freiner la croissance, qu’il serait difficile de contrôler les entreprises dans leur redistribution de cette baisse des cotisations et qu’une hausse des prix est possible si les produits manufacturés ne voient pas leur prix hors taxe baissé. Le président nous rassure en prônant que ce nouveau taux serait dans la moyenne Européenne, ce qui est faux car en plus de la TVA, nous avons la CSG qui est prise directement sur les salaires et sur les revenus du capital. Nous nous situerons alors dans la moyenne haute du taux de taxe Européen.
Il est assez drôle de voir la capacité de M. Sarkozy a changé d’avis sur de tels sujets. En effet, en octobre 2011, quand il était interrogé sur celui-ci, il se disait farouchement opposé à cette mesure, expliquant qu’elle pèserait sur la consommation et qu’il serait trop facile et injuste de l’appliquer…quatre mois plus tard, l’injustice laisse place au pragmatisme et au copier-coller Allemand.
Second grand axe, l’abandon des 35 heures, ou plutôt la flexibilité à l’Allemande. La volonté farouche de se mettre à niveau de l’Allemagne peut paraître quelque fois exagérée. L’Allemagne et la France n’ayant en aucune façon la même démographie, le même rapport à l’emploi et un syndicalisme totalement différent. Cette réforme aurait pour ambition de pousser chaque entreprise et leur salarié à négocier le temps de travail et les salaires, cette négociation prenant le pas sur la loi. Le président du « travailler plus pour gagner plus » ressemble plus aujourd’hui à celui du « travailler moins pour préserver l’emploi » ou à celui du « travailler plus, pour gagner autant ». En effet, le poids des syndicats Français dans le domaine privé étant très faible, il est à parier que ces négociations n’iraient que dans un seul sens, celui de l’entreprise et de ses actionnaires.
N’oublions pas en cela, l’exemple de l’usine Continental, les salariés ayant acceptés en 2007 de travailler 40 heures hebdomadaires pour une augmentation de salaire minime, sacrifice n’ayant pas empêché la fermeture de l’usine deux années plus tard. Il existe aussi des exemples où les salariés ont accepté de baisser leur temps de travail et leur salaire afin de préserver leur emploi mais qui ont pu voir que leurs efforts ont bénéficié directement aux actionnaires dont la part de redistribution fut augmentée dès la reprise d’activité au détriment de leurs salaires.
Cette mesure reste surtout intéressante pour l’Etat car la négociation et notamment la baisse du temps de travail remplacera le chômage partiel directement financé par les fonds publics. L’Etat providence part en lambeaux dans le grand jeu du néo libéralisme pragmatique. Une nouvelle fois on nous vend le modèle teuton alors que ceux ci ont expérimenté cette mesure pour lui préférer le chômage partiel aujourd’hui.
Pour finir, ces empilements de mesures paraîssent au final assez incohérentes. En effet, le président qui se voulait le président du pouvoir d’achat et défenseur de la valeur travail via la loi Tepa se retrouve aujourd’hui celui qui la détricote.
Le bouclier fiscal a disparu, les successions sont à nouveau taxées, seule la défiscalisation des heures supplémentaires restent en place même si celle-ci coûte très chère pour un effet plutôt faible et entraînant bons nombres d’équivoques. Notamment le fait que mettre en place cette défiscalisation à entraîner la sanctuarisation des 35 heures maudites…puisque les salariés et les employeurs ont le même intérêt à privilégier le respect rigoureux de la durée du temps de travail hebdomadaire,  les premiers ayant la défiscalisation des heures supplémentaires, les secondes ayant un allégement de charge. Nous retrouvons donc l’Etat dans le paradoxe de celui qui paye à la fois la réduction du temps de travail et la volonté d’en réduire les effets.
Il est donc difficile de se faire une idée précise de la répercussion de ces mesures sur nos vies quotidiennes. Il est difficile de trouver l’intervention du chef de l’Etat mauvaise mais lorsque nous prenons du recul, nous avons beaucoup de mal à la trouver réellement convaincainte.

Il y a par contre une certitude, le caractère impopulaire de ses annonces et les propositions molles du parti socialiste entraîneront certainement une nouvelle percée des discours populistes.

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