Edito du 27/01/2012

« On verra ce que vous ferez », antépénultième petite phrase de M. Juppé lancée au candidat François Hollande. Aveu d’une défaite programmée pour le ministre d’Etat ou simple coup d’épée dans l’eau…
Débat de chiffres, débat de piques, débat d’egos et les idées nouvelles remisées au placard. Ne nous embarassons pas de qualificatifs élogieux pour caractériser ce combat de coqs, les Français ont pu voir le manque grossier de recul des deux débatteurs, préférant le bon mot assassin au combat d’idées.
Un bilan actuel à jeter aux ordures, un programme à venir obsolète et vieillot, un candidat pas assez volontariste et un président pas encore candidat et sans programme annoncé;
Des querelles sur les chiffres, de fausses vérités énoncées comme parole d’évangile, le dogmatisme économique comme vertue universelle…réenchantons le rêve Français annonce l’un,  tandis que le second présage d’un cauchemard à venir…
« Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soir encore la rêver » nous disait Marcel Proust en son temps.
Cet adage prend pleinement ancrage aujourd’hui, une majeure partie des gens considérant avec une quasi certitude effrayante que la vie de la vie est certainement moins agréable que le rêve de la vie. Le rêve conscient de chacun et non le rêve douceâtre d’une nuit de sommeil. Se faire une idée de sa vie suffit déjà à la rêver, la vie brute comme point de repère ineffable et inaltérable n’existe pas, c’est la représentation dont chacun de nous se fait de sa propre existence qui donne le recul nécessaire pour vivre sa vie.
Notre époque nous offre comme seul recul existentiel, le dégoût des politiques, la crainte de l’avenir, la peur du déclassement social et le rejet de tout ce qui nous semble empiéter sur nos vies. Alors il est facile de considérer que notre vie rêvée est bien loin du rêve nocturne et que l’immédiateté de nos existences forcée par le deuil de l’espérance commune nous laisse penser que les rails sur lesquels se balladent nos devenirs se dirigent vers un précipice collectif.
Les Hommes politiques ne prennent pas la pleine mesure de cette désespérance. La confiance dans l’avenir n’est plus, tant et si bien que c’est la satisfaction présente qui se meure à petit feu.

L’espérance pourtant est simple à susciter…elle naît dès lors qu’un de nos besoins immédiat peut dans l’avenir s’entrevoir comme acquit. Il est bien loin le temps où nous pouvions nous dire que demain serait meilleur et que nos enfants auraient une meilleure vie que nous…l’avenir comme crainte et non plus comme espoir, voilà bien ce que l’homme politique se doit de faire renaître. Ce n’est plus au pragmatisme qu’il faut se vouer mais à la capacité réelle de faire revivre cette espérance collective qui donnera le dynamisme nécessaire à notre société moribonde.

 

Une réponse à “Edito du 27/01/2012”

  1. m v dit :

    vivons heureux vivons cachée essayons de vivre nos reves
    tes reflexions sont d’une pure logique donc merde in france

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