Edito du 14/01/2012

Le AAA est mort, vive le AAA.
Après des semaines d’attente, d’impatience, de frénésie collégiale, nous y sommes, enfin! le sacro-saint triple A, la pierre de rosette politico économique est perdu, aspiré par la spirale de l’endettement, du marasme économique et des lois Européennes sur le financement des Etats.
Nous ne pouvons pas encore prendre la mesure réelle de cette dégradation de la note Française car bon nombre d’organismes financiers ont déjà intégré cette variable depuis plusieurs mois en n’investissant plus ni dans les dettes souveraines ni dans certaines parties de l’économie réelle mais nous pouvons d’ores et déjà considérer que ce n’est pas tant pour l’état Français qu’il y aura des conséquences nouvelles et néfastes mais plutôt pour les organismes publics « subsouverains » comme les collectivités territoriales, les entreprises ayant l’Etat dans leur capital mais aussi et surtout les grands émetteurs de dette comme l’UNEDIC, le réseau ferré de France et la caisse d’amortissement de la dette sociale qui vont voir leur taux d’emprunt grimper, renchérissant leur coûts de financement au détriment de leurs possibilités d’action propres.
Tout autant la Poste, la Caisse des Dépots et Consignations et d’autres caisses similaires, piliers financiers des politiques publiques, pour le logement par exemple, verront également leurs coûts de financement grimper.
Nous pouvons donc déjà penser que les mal-logés resteront mal logés et que les logements sociaux qu’ils soient réservés aux Français d’abord ou non ne sortiront peut être pas de terre aussi facilement que dans le passé. Manque à gagner certain pour les deux ou trois entreprises de BTP se réservant la majeure partie des travaux dans l’hexagone sous couvert d’appels d’offre gagnés d’avance, vérolés de toutes parts par la corruption et le clientélisme.
Après le catastrophisme de facade du gouvernement et de l’opposition, nous faisions face depuis quelques semaines à la mise en avant du fait que la perte du fameux triple A n’était pas in fine très grave. Une nouvelle fois la communication politique prenait le pas sur sa réalité.

Cette nouvelle n’est pas une bonne nouvelle, ce n’est certe pas la fin du monde, les entreprises continueront à ne pas embaucher, à favoriser les actionnaires et leur dividende, la fonction publique et ses services continueront à disparaître dans le seul but de rogner les dépenses de l’Etat, les nouveaux pauvres iront grossir les rangs des laisser pour compte…pas de révolution sous le soleil d’un mois de Janvier estival.
Si seulement nous avions laissé la finance aux financiers sans interdépendances avec les Etats et leurs besoins, nous n’en serions peut être pas là. Mais si le soleil brille encore quelques semaine, nous n’avons pas à nous plaindre…

 

 

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