Edito du 10/01/2012

La taxe Tobin, vrai faux miroir aux alouettes, ou comment agiter les bras pour mieux s’écraser…
Mr le président nous offre à nouveau un déplacement vain chez nos amis Allemands, il voulait donner l’exemple mais Peggy la chancelière le renvoie à la maison en n’ayant obtenu que des remerciements pour ses bonnes intentions.
Farouchement contre en 2005, un projet de loi du Sénat abrogé par l’assemblée nationale en Décembre, Nicolo découvre aujourd’hui les notes positives de cette vieille idée; il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis, sur ce point et selon cet adage notre président doit friser le génie.

Suggérée en 1972, cette taxe n’a cessé d’alimenter l’inconscient collectif de voeux pieux humanistes. Les altermondialistes reprennent cette idée comme pourfendeuse de la misère dans le tiers monde, les politiques imaginent aujourd’hui se servir de l’argent récolté pour remplir les caisses vides des Etats. En décembre dernier, et il suffit pour cela de se replonger dans les débats sénatoriaux, les positions des uns et des autres étaient inversées…la gauche qui proposait le texte mettait en avant l’impérieuse importance que la France montre l’exemple dans ce domaine, la droite rétorquait qu’il ne fallait pas  faire cavalier seul et que c’était à l’Europe rassemblée d’ouvrir ce chemin vertueux. Quinze jours plus tard, amnésie collective et retournement des vestes, comme quoi toute proposition est bonne si tant est que ce soit son camps qui la propose…
Comme sur beaucoup de sujets, l’incohérence plane, le doute sur les réelles motivations des uns et des autres s’instaure en juge de bonne foi. Si proche d’une élection majeure, la communication politique prend le pas sur l’idéal.

Mais qu’en pensent les marchés, ils sont contres cette proposition bien entendu, mais leurs explications peuvent sembler à contrario plus cohérentes que celles des politiques.
En effet, l’instauration de cette taxe, même minime, de l’ordre de 0.05%, pèserait non pas sur les organismes financiers ou spéculateurs mais sur les utilisateurs réelles de ces derniers. La taxe serait directement reportée sur les activités d’investissement afin de couvrir la perte sur le premier marché.
Sur celui des obligations, ces utilisateurs réelles sont en grande partie les états, émetteurs de dettes, ce qui reviendrait au final à ce que les états se taxent eux même, et comme ils sont aussi les plus gros emprunteurs sur ces marchés, cette taxe augmenterait le poids du taux d’emprunt…Que de réjouissances au programme,  mais laissons faire les communiquants et n’ayons pas de peurs irraisonnées, ils trouveront bien de nouvelles raisons afin de repousser l’instauration de cette taxe à l’an pèbre.

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